Document 1

Lefort Jean-Louis (1875-1954), Front des Flandres, Passage du Canal de Loo (Belgique) sur un pont de Liège et de caillebottis, 10 juillet 1917, aquarelle et crayon, coll. BDIC/Archipel

Soldats traversant le canal de Loo en Belgique

Document 2

Caron Achille (1888-1947), Camp britannique, scène de vie, 1914-18, négatif sur plaque de verre au gélatino-bromure d’argent, © Musée Quentovic – Ville d’Etaples-sur-Mer

Soldats autour d’une tente

Document 3

Extrait du Journal de Pierre Teilhard de Chardin, Basseux, 6 septembre 1915, publié chez Fayard en 1975

« – Espérances d’une destination lointaine. Et puis, soudain, le mauvais bruit circule : on retourne à Frévent… C’est encore le Nord. Seulement le Nord. Et puis, sans doute Arras.

– Voyage gris, nuit mauvaise ;

– Débarquement à Frévent dans la bruine, un peu comme en venant de Cuvilly (avril).

– Longue marche pour atteindre Brevillers, près Doullens.

– Enfin à 1 h, arrivée à l’exquise maison forestière de Lucheux, où, sous les épicéas, près de la source, je me surprends à penser, à sentir, comme si j’étais reçu dans une maison amie, avec, pour le soir, une table servie en famille…

Le surlendemain soir, en route. Toute la nuit, marche pénible sur l’interminable route de Lille.

– Arrivée, au petit jour, à Basseux. Cantonnement mauvais, dans ferme petite et délabrée. Petit à petit cependant, je me ferai à ce pauvre village où l’église, bien propre, est demeurée intacte. […] Avec Décout, on va contempler, de Beaumèche1, le panorama fameux d’Arras : Mont-St-Eloi et sa tour ruinée, Lorette,…

Deux fois, j’ai accompagné la 1ère Compagnie aux travaux de nuit.

– Impression pénible pour sortir du boyau, en avant-ligne, quand les sections s’alignent dans les champs, à découvert, et entament la craie à grands coups de pic.

– Au matin, les salves de balles ;

– On s’abrite dans le boyau rudimentaire… Le surlendemain, pendant qu’on se rassemble pour prendre les outils, à la brasserie, arrivée des obus (105 ?) sur le hall. Le souffle menaçant qui fond sur nous… la panique animale… La lueur fulgurante des fusants dans la nuit… »

1 Pierre Teilhard de Chardin fait probablement ici une erreur orthographique et phonétique. C’est probablement au village de Beaumetz-les-Loges qu’il fait référence.

  • J'observe
    • 1. Document 1 : Décrire le paysage. Comment est-il transformé par la guerre ? 
    • 2. Document 1 : Décrire l’équipement des soldats.
    • 3. Document 2 : Décrire la photographie. Quelles informations nous donne-t-elle sur le quotidien des soldats britanniques à l’arrière ?
    • 4. Document 3 : Souligner les villes et les lieux cités.
    • 5. Document 3 : Souligner les indications de temps (date, heure...).
    • 6. Document 3 : Qu’est-ce qu’un cantonnement ? Comment s’organise-t-il ?
    • 7. Document 3 : Qu’est-ce que le boyau ? A quoi sert-il ? 
  • J'identifie
    • 1. Document 1 : Préciser la nationalité des soldats.
    • 2. Document 1 : Relever les éléments qui indiquent la proximité et l’intensité du combat.
    • 3. Document 2 : La photographie nous permet-elle de préciser le lieu du campement ? La localité, la région ou même le continent ?
    • 4. Document 2 : Est-il possible de dater le cliché ? 
    • 5. Document 3 : Placer les villes sur la carte et tracer le parcours. Evaluer les distances en kilomètres. Télécharger la carte
    • 6. Document 3 : Préciser les occupations des soldats pendant ces 3 jours. 
  • Je mets en perspective
    • 1. Document 1 : Rédiger quelques lignes montrant que le déplacement des combattants est compliqué.
    • 2. Document 1 : Comment l’artiste dépeint-il les conditions difficiles de la vie des combattants au front ? 
    • 3. Document 2 : Montrer quels éléments de la photographie en font un document historique ? Quels éléments en font un travail d’artiste ?
    • 4. Document 3 : Comment Pierre Teilhard de Chardin ressent-il sa vie de soldat ? Quels procédés littéraires utilise-t-il pour le montrer ?