Déportations et internements côté français

Au début du XXe siècle, le terme de « déportation » renvoie à une peine d'exil et d’internement : il évoque le bagne et non les camps de la mort. En 1914-1918, les armées françaises et allemandes ont ainsi interné de force des civils, ressortissants des pays ennemis. 32 000 « étrangers » sont aussi retenus en Grande-Bretagne.

Début août 1914, les germanophones présents en France (Allemands, Austro-Hongrois, certains Alsaciens-Lorrains) doivent se déclarer et sont regroupés dans des camps. Ils sont environ 45 000, dont 8 000 Alsaciens, à connaître les camps français. Une commission vérifie l'attachement à la France des Alsaciens-Lorrains. Beaucoup sont libérés dès 1915. Une succession d'accords avec l'Allemagne permet le rapatriement progressif des prisonniers qui sont encore près de 12 000 début 1918.

Pendant leur détention, les internés sont regroupés par nationalité et par critère de dangerosité dans des lieux clos. Ils s'y installent dans l’inconfort et une grande promiscuité. Leur vie est rythmée par le clairon et les ordres. Certains notables, « otages payants », y échappent en résidant dans des hôtels, moyennant finances.

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  • Camps de prisonniers civils côté français et côté allemand, © Agence Point de Fuite

  • Bedeau-les-Pins (Algérie). Internés civils, février 1916, photographie, coll. BDIC

    La peur des espions est très vive, notamment au début du conflit. L’internement des ressortissants étrangers est considéré comme un moyen efficace d’empêcher la transmission d’informations à l’ennemi.

  • Hôtel de la plage (Carnac, Morbihan). Otage payant. Une chambre, mai 1916, photographie, coll. BDIC

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