Dans les zones contrôlées par les armées alliées, britanniques et françaises essentiellement, les déplacements des civils sont plus libres que de l’autre côté de la ligne de front. Ils sont néanmoins surveillés. Les États-majors édictent de nombreux arrêtés définissant les règles locales de circulation, comme les couvre-feux. Quiconque veut également circuler près du front doit présenter un sauf-conduit aux soldats en faction à l’entrée des communes.

En effet, les déplacements dans la zone des armées en arrière du front sont très strictement définis. Dans la zone avancée, à proximité immédiate des combats, les civils sont généralement absents, car évacués. À l’arrière de celle-ci, on trouve le secteur réservé où des civils vivent encore. Leurs déplacements sont alors particulièrement restreints et surveillés. Enfin, dans la zone non-réservée sous contrôle militaire, les voyages, s’ils sont plus libres, restent très contrôlés.
Dans toutes ces zones, les civils, lorsqu’ils se déplacent en voiture, doivent au préalable faire valider leur itinéraire et ne peuvent pas ensuite s’en écarter sous peine d’être sanctionnés en cas de contrôle.

Le rôle des autorités civiles dans l’application de ces règlements est essentiel. Ce sont elles qui relaient les règles mises en place par les états-majors des armées. Pour permettre la distribution des sauf-conduits, ou laissez-passer, les mairies doivent recenser les habitants présents sur leur commune et en communiquer les listes aux autorités militaires. Dans les villes où des couvre-feux ont été instaurés, les civils ne peuvent plus circuler à partir d’une certaine heure. À Montreuil-sur-Mer, où le Grand Quartier Général britannique est installé à partir de mars 1916, les rues sont interdites aux habitants entre 22h et 5h, alors qu’ils ne sont plus autorisés à sortir de la ville à partir de 20h. Les axes de communication sont également contrôlés. Des postes militaires sont placés sur les routes stratégiques et les sauf-conduits sont vérifiés.

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  • Sur le front de la Somme. Un poste franco-anglais à l’intersection de deux routes départementales, premier quart du 20e siècle, photographie argentique sur papier, coll. Historial de la Grande Guerre, Péronne

  • Depuis le théâtre des opérations de l’ouest. La grande route nationale Paris-Saint-Quentin, barrée depuis septembre, dessin extrait de l’Illustrierte Zeitung, volume 2, janvier-juin 1915, Archives départementales de l’Aisne – côte n° 3755

  • Caron Achille (1888-1947), Le Café des réfugiés, baraquement près de la voûte avec des soldats français et anglais, premier quart du 20e siècle, plaque de verre, © Musée Quentovic – Ville d’Etaples-sur-Mer

    Achille Caron, photographe originaires d’Etaples, a obtenu à plusieurs reprises l’autorisation de photographier le camp britannique d’Etaples. Rares sont les civils qui peuvent à l’époque en franchir les limites.

sur le front de la SommeAchtung !! 1 klm zur Front.le café des réfugiés, un baraquement a été transformé en café